| Le fil de l'actualité sociale en direct des centrales syndicales |
| Retrouvez dans cette rubrique les communiqués de presse et les informations en provenance des syndicats. Cet espace diffuse en temps réel les prises de positions et les réactions envoyées par toutes les organisations. Les opinions émises dans ces articles n'engagent pas Apex. |
| François Hommeril |
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Ingénieur chez Rio Tinto (ex Péchiney) et secrétaire national de la confédération CFE-CGC De Pechiney à Rio Tinto : chronique d’une mort annoncée... |
| 10 idées sur la désindustrialisation |
| Heuliez, Total, Lejaby, Philips, Freescale, ST Micro, Siemens VAI… la litanie des fermetures de sites industriels. Dix idées à retenir sur la désindustrialisation et les discours officiels en matière de « politique industrielle ». |
| Pourquoi occupent-ils leur entreprise ? Pourquoi séquestrent-ils leurs patrons ? |
| Essex est une filiale du groupe coréen LG. La direction annonce le 29 mars la fermeture du site de Macon. Les salariés retiennent dans l’usine le directeur et le DRH pour obtenir un plan social amélioré avec une prime de 120.000 euros par personne contre celle de 30.000 proposée par la direction pour ceux ayant une ancienneté supérieure à 5 ans (...) |
| Désindustrialisation, mondialisation, moralisation : la schizophrénie des discours officiels |
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PDG convoqués par le gouvernement. Réprimandes sur les délocalisations et les fermetures de sites, arbitrage entre firmes qui se disputent, rappels à l’ordre pour Renault, EDF, Areva, Total… Sauf que dans « rappel à l’ordre » il y a le mot « ordre ». Quel est l’ordre à respecter ? (...) |
| La crise relance les opérations de fusion- absorption |
| La crise ouvre de nouvelles opportunités pour les fusions-acquisitions à horizon 2011. Assez logiquement le système exploite sa logique de concentration du capital pour accélérer les économies de moyens. L’heure va donc être à nouveau aux grandes opérations stratégiques avec en bout de chaîne ses conséquences classiques en matière de restructuration et de réorganisation opérationnelle. |
| La "fausse sortie" de la crise... |
| Une nouvelle note de synthèse d'Apex contre les idées reçues... La crise est-elle finie ? Où en est-on et où va-t-on ? Une sortie de crise peut-elle en cacher une nouvelle à venir ? Découvrez la "boîte noire" de la crise décryptée par Apex et les pistes pour en sortir. |
| France-Télécom, Thales, Peugeot… valeurs financières contre valeurs humaines |
| Le cas de France-Télécom est-il spécifique ? Ou est-il l’expression d’un système étendu de management ? D'autres entreprises ont été touchées par des suicides pour lesquels les personnes ont évoqué leurs conditions de travail afin d'expliquer leur geste (Renault Technopôle, Thales, Peugeot, Pôle Emploi). Leur quasi simultanéité est-elle fortuite ? ... |
| ''Les banques remboursent l'État'' : la bonne opération des banquiers |
| Des grandes banques françaises remboursent leurs dettes à l’Etat. Quoi de plus normal ?Elles le font plus vite que prévu ? C’est bon signe : l’économie repart !L’Etat y gagne aussi : il a perçu des intérêts honorables sur les prêts consentis. Donc le système tourne bien et l’intervention publique a été efficace !Voilà quelques fausses vérités d'évidence... |
| Le Pôle emploi est-il la seule réponse possible à la crise sociale ? |
| À fin juillet, plus de quatre millions de personnes étaient inscrites au Pôle emploi sur une population active estimée à 28 millions, soit un taux de 14%. Sur le seul mois de juillet, les entrées au Pôle emploi, suite à un licenciement économique, étaient supérieures de 62% à celles du mois de juillet 2008 pour s’établir à 23.500... |
| Sortie de crise… Quand, comment et qui paye ? |
| 77.000 demandeurs d’emplois supplémentaires en mars, 444.000 de plus en un an pour la seule catégorie dite « A », c’est-à dire n’ayant aucun travail. Toutes catégories confondues, le chômage en France dépasse maintenant les 3,6 millions de personnes. Des centaines de plans sociaux et des milliers de postes supprimés... |
| Face à la crise : six conseils pour les CE |
| La crise est d’une considérable ampleur. Comment s’en défendre ? Comment résister au rouleau compresseur ? Comment ne pas tomber dans certains pièges ? Si chaque restructuration aura évidemment ses spécificités auxquelles les élus devront savoir répondre, certains aspects se retrouveront fréquemment. |
| Le Pôle emploi est-il la seule réponse possible à la crise sociale ? |
| 31/08/2009 | |
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À fin juillet, plus de quatre millions de personnes étaient inscrites au Pôle emploi sur une population active estimée à 28 millions, soit un taux de 14%. Sur le seul mois de juillet, les entrées au Pôle emploi, suite à un licenciement économique, étaient supérieures de 62% à celles du mois de juillet 2008 pour s’établir à 23.500. Les inscriptions pour « première entrée » (généralement les jeunes en fin de scolarité) avaient progressé de 30%. À cela s’ajoute le fait que le nombre de demandeurs d'emploi sortis des chiffres du chômage en raison d’une «cessation d'inscription pour défaut d'actualisation» avait augmenté près de 14% sur un mois. C’est ce qu’officiellement on appelle une… «accalmie» sur le front du chômage ! À cela les Pouvoirs publics répondent « Pôle emploi » ! Pas parce que celui-ci aurait de multiples moyens de reclasser les chômeurs (les offres d’emplois de plus de 6 mois ont baissé de 20% en un an). Mais parce que l’institution est le moyen de classer, trier, éliminer, temporiser, maîtriser. Pas le Pôle emploi pour fluidifier l’emploi, mais le Pôle emploi pour gérer la pénurie. Or, la crise sociale ne fait que commencer. Rebond ou pas de la Bourse, frémissement ou pas du PIB…la question des licenciements et du chômage c’est l’acte deux de la crise économique et financière. « Même lorsque l'économie aura repris de manière durable, on aura un délai avant que l'économie commence à recréer des emplois (…) Je sais très bien qu'on aura encore des trimestres difficiles sur le plan social »… La ministre de l’Economie manie l’euphémisme et parle en « trimestres » comme une froide statisticienne. La réalité est moins soft : la crise sociale commence, non pas pour « quelques trimestres » mais pour plusieurs années. Et les sursauts plus ou moins importants du PIB ou de la consommation des ménages ne changeront pas de si tôt ce triste horizon. Cette crise va se déployer en trois temps. Celui des restructurations d’entreprise, celui d’une reprise fort peu créatrice d’embauches, puis celui du poids anesthésiant de la dette publique. Réduction massive de l’emploi Une grande partie des entreprises, quelles que soient leurs tailles, sont confrontées à une baisse d’activité avec ce que cela comporte comme effets sur l’emploi. Mais le mouvement général est donné par les grandes entreprises. Sur le premier semestre 2009, beaucoup d’entre elles ont effet réussi à limiter l’impact de cette baisse d’activité sur leurs résultats. Si les chiffres d’affaires sont souvent durement affectés (jusqu’à -55% pour ArcelorMittal), les marges résistent mieux grâce à des plans radicaux d’économie : 1,1 milliard d’euros en cours sur l’année chez Saint-Gobain, 210 millions chez Rexel, 163 chez LVMH, 106 chez PPR, 95 chez Plastic Omnium, 86 chez Arkema, 39 chez Dassault Systèmes, 17 chez Bonduelle, 15 sur les coûts indirects chez Altran, etc. Chacune, à son échelle, procède ainsi à une importante compression de ses coûts, ce qui lui permet de garder un pouvoir d’arbitrage entre ses investissements, son endettement et le dividende aux actionnaires. La rationalisation d’un parc immobilier ou la meilleure gestion des stocks n’ont pas forcément d’enchainements sociaux regrettables, au point que l’on peut décemment demander aux directions pourquoi cela n’a pas été fait plus tôt. Mais beaucoup d’autres mesures d’économie ont des conséquences sur l’emploi. Une baisse des prix d’achat a immanquablement des conséquences sur la santé économique des fournisseurs. Une étude récente montre d’ailleurs que 29 % des directeurs achats interrogés reconnaissent que leurs fournisseurs rencontrent des problèmes de trésorerie et 22 % craignent même des faillites en série (étude du cabinet Loudhouse Research, mars 2009). A l’identique, la recours au chômage technique (Renault et PSA), le ralentissement des investissements (France Télécom), la vente d’une activité ou sa délocalisation, la réduction brutale de l’appel à intérim, la baisse des budgets de formation, ou la baisse des prestations informatiques sous-traitées… toutes activent une cascade d’effets sociaux dans l’entreprise ou à sa périphérie Multiplication des plans de licenciement Reste évidemment le plan de licenciement proprement dit. Pas la simple « réduction de voilure », comme aiment le dire les directions, mais une restructuration en partie offensive visant à utiliser la crise pour remodeler le contexte concurrentiel (gains de productivité, bataille sur les prix de vente, captation de parts de marché, etc.). Car c’est aujourd’hui - dans la récession - que les grands groupes refaçonnent les marchés de demain, redéfinissent les organisations opérationnelles et les process de travail. Les salariés ne sont donc pas simplement victimes de la conjoncture, ils payent d’ores et déjà pour l’amélioration des conditions de réalisation des profits des grands groupes dominant. C’est la raison pour laquelle les directions de grands groupes affichent un optimisme raisonné. Jusqu’à présent – au vu de la situation sociale globale – la crise leur sert plutôt à réformer les modèles économiques et sociaux de leur entreprise. A avoir une nouvelle fois un coup d‘avance… Répondant à une question sur la crise, le directeur général de L’Oréal répond clairement : « Notre modèle repose en fait sur une restructuration permanente de l’entreprise » (Le Journal des Finances 18 juillet 2009). Ce processus va s’échelonner sur plusieurs années. Il sera nourri à moyen terme par le probable bouleversement technologique et capitalistique de l’industrie automobile (nouvelle motorisation et concentration mondiale) et ses conséquences industrielles en cascade sur les modèles de consommation, sur l’urbanisme et les transports. D’autre part, pour peu que nous restions dans le modèle économique libéral actuel, les privatisations vont se poursuivre ainsi que la précarisation de beaucoup d’activités de service. Madame Lagarde est donc très loin de la vérité… c’est en années et non pas en trimestres qu’il faut parler du chômage (de masse) dû à la crise économique actuelle. Mais c’est un exercice bien difficile que de dire cette vérité-là quand on veut faire croire que la crise est bientôt terminée. Sauver des emplois Il est évidemment vain de penser que dans cette crise toutes les entreprises ont des réserves suffisantes et que les plans de réorganisation ne sont que des habillages pour simplement augmenter les profits. Penser cela serait finalement passer à côté de la crise, la banaliser et en sous-estimer la portée historique. C’est un système qui a provoqué cette crise ; il y a donc des entreprises qui peuvent en mourir. Face à ce triste horizon, il faut à la fois ouvrir la boîte noire des plans de restructuration pour y trouver matière à résistance, à sauver le maximum d’emplois, et poser parallèlement la question de la facture sociale des licenciements qui s’accumulent. Sur ce dernier point, la question est « qui doit payer » ? Dans les entreprises d’une certaine taille, il n’y a jamais de plan de restructuration qui soit fondé sur le simple motif de la conjoncture. Il doit donc être méticuleusement démonté et analysé. C’est emploi par emploi supprimé qu’il faut l’étudier et le contester, en débusquer l’irrationalité (le calcul « à la louche ») ainsi que la détérioration des conditions de travail pour ceux qui resteront. Aux salariés et à leurs représentants de lire entre les lignes, car derrière l’argument de la situation économique il n’est jamais rare de trouver d’autres objectifs et l’opportunité d’y glisser quelques gains de productivité ou l’externalisation d’une activité. La mise à nu de ces « paquets cadeaux » peut constituer une solide ligne de résistance. Se rappeler aussi que la crise ne frappe pas toute les activités et toutes les entreprises de la même manière. La crise, c’est la guerre concurrentielle sous une nouvelle forme ! La réduction des coûts, on l’a vu, est aussi un moyen offensif de prendre la corde par rapport aux concurrents. Débusquer ce projet est une manière de montrer sur quel autel les salariés sont sacrifiés tout en invoquant la « faute à pas de chance » d’une crise mondialisée. Enfin, procéder à des diminutions massives d’effectifs tout en gardant le cap du dividende, c’est poursuivre les mêmes politiques du passé. C’est une fois encore privilégier un certain type de partage social de la richesse créée. Pôle emploi : le payeur n’est pas le bon ! Les licenciements économiques représentent un coût énorme pour la collectivité en plus de celui directement subi par les intéressés. Ce sinistre social permanent est très majoritairement couvert par la société et non par les entreprises, contrairement à leurs affirmations. Alors qu’il n’est en quelque sorte que le dégât collatéral de la « libre » compétition entre détenteurs du capital. C’est une forme de despotisme que la crise financière actuelle ne fait que souligner puisqu’elle est elle-même le fruit de la compétition spéculative. De là découle une série de questions ayant toutes un rapport avec l’équité et la justice sociale. Par exemple :
Il conviendrait au contraire de donner à tous les salariés licenciés économiquement les mêmes droits et les mêmes conditions d’accompagnement, qu’ils soient dans un grand groupe industriel ou chez un artisan boulanger. Que les mesures sociales d’accompagnement permettent d’assurer la transition jusqu’à la reprise d’activité (n’est-ce pas le sens partiel du CTP ?) sans perte de salaire et de droits. Enfin, que le coût de ces reconversions soit assuré de manière mutualisée par l’ensemble des entreprises sur la base d’un système proche de l’AGS, l’assurance de garantie des salaires aujourd’hui uniquement financée sur cotisations patronales ou de celui d’indemnisation des accidents du travail. Puisque le droit reconnait parfois le principe de solidarité financière collective du patronat, voilà bien un sujet où ce principe devrait s’appliquer. La charge pourrait en être minime pour les très petites entreprises et substantielle pour les grands groupes donneurs d’ordre. Elle renverrait les entreprises à leurs responsabilités collectives et individuelles alors qu’elles exigent d’autre part un pouvoir absolu en matière économique. Ne pas payer pour la compétitivité de son entreprise On le sait, la « prime à la valise » n’est pas la bonne solution pour résister aux rouleau-compresseur des licenciements. Mais dans certains cas, cette revendication peut perdre son caractère désespéré. Exiger entre 1 an et demi et deux ans de salaire pour bon nombre des salariés ressemble moins à une demande de « dommages et intérêts » pour préjudice qu’à l’exigence d’une continuité du revenu. Et lorsque les salariés demandent en plus qu’un donneur d’ordre majeur ou un ancien actionnaire y mette de sa poche, nous sommes dans la recherche de responsabilités collectives de filière ou de branche. La bataille pour la sauvegarde de l’emploi dans l’entreprise s’accompagne alors du refus implicite de faire payer la collectivité. Parions que si les entreprises avaient à financer intégralement le salaire et le reclassement des licenciés, elles seraient un peu plus attentives à la manière de procéder. Car la situation actuelle débouche sur le comble de l’incongru : après s’être débarrassé d’une bonne part de ses responsabilités financières au dépend du Pôle emploi, celui-ci fait appel au secteur concurrentiel pour prendre en charge le reclassement d’une partie des chômeurs. La bouche est bouclée, le chômage est devenu un marché. |